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Légendes
Saint Martin et le temple du Pin
En l’an 380, l’évêque Saint-Martin, venant de son évêché de Tours pour rencontrer l’empereur Maximin, s’arrête dans un lieu qui s’appelle Fanum Pini. (Temple du pin). Un temple païen s’y trouve, à proximité d’un pin gigantesque : arbre divin et vénéré au temps druidique, arbre diabolique pour les chrétiens. Le saint ordonne sitôt que le temple soit dédié à Dieu et le pin maudit abattu sur le champ. Les indigènes mirent à cela une condition : que l’évêque soit placé sous la chute de l’arbre. Le saint homme, confiant se positionne devant l’énorme tronc et attend en priant. Lorsque sous les coups de hache, le pin verse dans un craquement sinistre, ô miracle ! Saint Martin le détourne d’un signe de croix et demeure indemne pour la plus grande gloire de Dieu. La conversation en masse des gens de la région suit aussitôt.
Le Gros Chêne
Phalempin est décidément sous les bons auspices de l’arbre. De l’autel dressé en l’honneur du pin antique, nous voici aux guinguettes du gros Chêne.
Haut de 15 mètres et large de 2 mètres, la légende dit qu’il serait vieux de 5 ou 6 siècles, donc contemporain de la construction du château situé non loin de là.
De temps immémorial, il est le but de promenade des familles, et peut être même peut-on parler de pèlerinage. Ne chuchote-t-on pas que se marie dans l’année la jeune femme qui vient lui rendre hommage.
Le vétéran de la forêt est tombé sous les coups de hache des bûcherons un jour de 1922. Longtemps encore son tronc attire les enfants et les promeneurs qui se hissent sur sa plate forme afin de prendre la pose pour une photo souvenir.
Aujourd’hui, il ne reste qu’une clairière dont le nom évoque sa mémoire.
Les Quatre-Tilleuls
On dit qu’au temps où les rois voyageaient en grande pompe, Henri IV, le Vers-Galand, roi de France et de Navarre, de passage sur ses terres du domaine de Phalempin a planté les quatre arbres, au lieu-dit « les Quatre Tilleuls », qui ont existé jusqu’à la fin du vingtième siècle.
Eleyne et Gauthier - Sans plume, le clerc ne peut écrire -
Au XVe siècle, le château du Plouick est propriété du Châtelain de Lille, Jehan de Luxembourg. A sa mort son épouse, la comtesse Jehanne d’Encre délaisse leur résidence de Lille pour venir vivre au château du Plouick qu’elle apprécie pour son charme forestier.
Son amour pour sa fille Eleyne âgée de seize printemps et l’amitié de son secrétaire Gauthier, un jeune homme au doux regard, illuminent sa solitude . Madame la comtesse prend en sympathie les sentiments très vifs et très purs, nés entre les deux jeunes gens, malgré leur différence sociale, elle entreprend les démarches officielles pour obtenir l’anoblissement du clerc, afin de respecter les normes nuptiales de son rang. Evidemment les choses vont mal tourner, afin d’obtenir un dispense auprès du Saint-Siège de Rome, Gauthier doit partir, loin des yeux de sa bien-aimée. Drame déchirant, Adieux pathétiques. Eleyne au moment du départ sort de son sein une plume et la remet à Gauthier en prononçant ces mots qui deviendront immortels « Sans sa plume, le clerc ne peut écrire . »
Le temps passe. Le retour du clerc se fait attendre. Au cour des grandes joutes organisées chaque année dans la châtellenie, le plus puissant seigneur de l’Artois, le comte de Harnes désigne Eleyne comme la reine de son tournoi et lui demande de l’épouser afin d’assurer sa descendance. Devant l’insistance du comte et celle de sa famille qui voit là l’opportunité d’un beau partie, Eleyne finit par accepter. Le mariage est célébré, et bientôt la jeune comtesse grisée par la vie que lui offre son riche époux oublie le serment fait à Gauthier.
Or, un an après le mariage, tandis que l’on célèbre par un banquet les relevailles d’Eleyne, jeune maman, un majordome annonce au comte qu’un ménestrel revenant d’un pèlerinage en terre sainte désire se faire entendre. Enveloppé dans un ample manteau noir, l’homme se présente le visage caché sous une capuche se met à chanter la triste histoire d’un amour malheureux qui conte la trahison d’un serment d’amour et qui finit par ces mots qui font frémir Eleyne : Sans plume, le clerc ne peut écrire ». Se voyant démasqué, le chanteur prend sitôt la fuite.
Sous le manteau du ménestrel se dissimulait bien évidemment Gauthier. Louis de Harnes, furieux d’une telle impudence fait rechercher le jeune homme. Quelque temps plus tard, à la lisière du bois, Gauthier tombe sous les coups de poignards des sbires du comte jaloux.
Apprenant l’assassinat, de celui qu’elle aime depuis toujours au fond de son cœur, Eleyne est soudain prise d’un malaise et quelques semaines plus tard, elle succombe à une fièvre violente. Avant de rendre l’âme, elle a demandé à ce que soit construite une chapelle sur le territoire d’Attiches et d’y faire figurer la célèbre devise qui se lit encore de nos jour : Sans sa plume, le clerc ne peut écrire .
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